Concertation minimum et agrandissement de la ZAC autour du Fort

Lors du conseil municipal du 29 mars 2022, une délibération concernant la définition des objectifs poursuivis par la ZAC de Ville Nord et des modalités de concertation préalable à sa création a été soumise au vote. Hormis le fait que la consultation proposée à la population est réduite à son minimum légal, le maire a décidé d’élargir "légèrement" son périmètre au quartier pavillonnaire déjà touché par l'instauration des nouvelles zones bleues.

La ZAC Ville Nord de Chennevières vue de la rue de Coeuilly

La zone d’aménagement concerté (ZAC)


Tout d’abord, qu'est ce qu’une ZAC. Une ZAC est une opération d’urbanisme publique ayant pour but de réaliser ou de faire réaliser l’aménagement et l’équipement de terrains à bâtir en vue de les céder ou de les concéder ultérieurement à des utilisateurs publics ou privés. Elle doit faire l’objet d’une consultation de la population dont les modalités sont définies à minima par la loi. Aux choix des élus locaux ensuite d’élargir cette consultation avec d’autres outils (réunions publiques, questionnaires, débats…)

La ZAC Ville Nord de Chennevières sur Marne


L'aménagement de l’entrée de Ville Nord est le grand projet de Jean-Pierre Barnaud depuis son premier mandat. Toutes ces décisions d’urbanismes n’ont que pour seul but le déplacement du centre ville de Chennevières sur ce secteur situé autour du Fort avec quelques équipements sans grande ambition et surtout de nouveaux bâtiments administratifs pour la mairie, la mairie actuelle devant disparaître à terme au profit d’immeubles d’habitations.


Plan de la ZAC de Chennevières agrandie en 2022

Jusqu’à présent cette zone se limitait aux terrains de part et d’autres de la RD4 au niveau du magasin Lidl et du McDonald d’un côté et du concessionnaire FIAT de l’autre. Or aujourd’hui Jean-Pierre Barnaud propose d’élargir le périmètre de cette zone jusqu’à la rue des Fusillés de Châteaubriant, face à l’école Tillion, secteur composé exclusivement de pavillons avec jardins. En minimisant, il nous explique que ce ne sont que des pavillons inoccupés qui sont concernés par ce nouveau découpage. Soit (bien que dans les faits ce ne soit pas vraiment le cas) mais qu’en sera-t-il pour les riverains de cette nouvelle zone résidant rue de Coeuilly, rue de la Liberté, rue du Pré Fleurant, rue Montchanin et avenue Thérèse ? Les Canavérois de ce quartier vont-ils eux aussi voir surgir dans le fond de leur jardin de hauts immeubles comme c’est déjà le cas de l’autre côté de la nationale (lire la lettre d’une Canavéroise concernée) ?


Comme à son habitude, le maire ne répondra pas clairement et essayera de diluer le débat dans de grands principes d’obligation d’aménager largement pour éviter que l’Etat prenne la main. En gros, il faut construire et vite, sinon d’autres vont le faire à notre place.


La concertation avec les Canavérois


Nous l’avons également interrogé sur les modalités de concertation prévues avec les riverains. Aucune réunion publique, aucune présentation des projets ni aucune implication du comité de quartier ne sont annoncées dans ces modalités. Nous avons donc demandé que le texte voté inclut que le comité de quartier soit associé, que des réunions publiques soient organisées, en résumé qu’il y ait une vraie concertation et de vrais échanges comme nous pouvons le constater dans d’autres communes comme par exemple à Ormesson.


Ormesson-sur-Marne et EpaMarne ont la volonté commune d’aller plus loin dans la démarche de concertation publique et de dépasser les actions réglementaires, en proposant des temps d’échanges et de rencontres multiples et des formats de recueil des avis citoyens variés [...].

https://www.epamarne-epafrance.fr/projet/plaine-cantoux-a-ormesson-marne/ .


Impossible nous répondront Jean-Pierre Barnaud et Jacques Driesch, les modalités de concertation sont celles prévues par la loi, on ne peut pas les modifier. Quand ça veut pas, ça veut pas. Encore une interprétation toute personnelle de la loi par les 2 premiers élus de la ville dont on a l’habitude.


Alors en effet la loi oblige bien la commune à mener une concertation en la définissant a minima mais elle ne la limite en rien et ne décrit pas explicitement ses modalités. Un Maire transparent avec ses administrés décidera en général d’ajouter des temps d’échange et de réunions avec les citoyens concernées et personne ne le lui reprochera.


Nous nous retrouvons une nouvelle fois devant un mépris manifeste des Canavérois et des associations locales. La seule concertation prévue se résume donc à un cahier mis à disposition en mairie ou chacun pourra venir écrire ses remarques et où une exposition présentera ce qui a déjà été décidé… En ce qui nous concerne, ce n’est pas comme cela que nous considérons que les grands projets d’aménagement d’une commune doivent être menés, l’information et la concertation doivent être au cœur de la vie locale.


Nous avons voté CONTRE cette décision. D’une part, Jean-Pierre Barnaud l’air de rien inclut dans cette zone d’aménagement le quartier pavillonnaire de la rue de la Liberté ce que nous refusons ; d’autre part, les modalités de concertation sont le minimum requis et ne permettent pas un véritable échange démocratique sur les aménagements futurs envisagés.