L’APAC doit quitter ses locaux de Chennevières

Dernière mise à jour : 14 déc. 2021

Lors des conseils municipaux, l'opposition a la possibilité de poser des questions orales au Maire, questions qui doivent lui être envoyées par écrit 48h avant le conseil. Pour le conseil du 1er décembre, nous avons souhaité avoir des précisions sur le devenir de l'Association de Protection Animale Canavéroise (APAC) ainsi que sur le terrain de l’école Corot qui devait, d’après les promesses de campagne de Jean-Pierre Barnaud, accueillir une maison de l’animal.


Question sur l’avenir de l’association de protection animale de Chennevières


Monsieur le Maire,


L'association APAC, que vous avez soutenue depuis sa création en 2019 par le prêt de salles et de substantielles subventions et que vous avez citée dans vos tracts de campagne municipale à plusieurs reprises pour vanter votre engagement sur la cause animale, s'est vue signifier sans aucune concertation une demande de libération des 4 salles qu'elle occupe en février 2022. Vous lui aviez proposé en remplacement de 3 salles du refuge 2 salles plus petites qui ne lui permettent plus de répondre aux exigences vétérinaires légales des refuges pour animaux et donc de garder en son sein les animaux présents en attente d'adoption. Depuis, il n'y a pas eu d'autres propositions.


Après avoir soutenu publiquement cette association et son action ; après lui avoir attribué au total 23 000 euros de subventions en 2020 et 2021 ; après lui avoir accordé des salles supplémentaires à la veille des élections locales ; pourquoi décidez-vous sans aucune concertation et proposition sérieuse de relogement de ne pas renouveler de convention d'occupation de locaux ni de travailler à la pérennisation de ce projet aujourd'hui ?


Pourquoi en tant que 11ème Vice-Président du Conseil Départemental du Val-de-Marne, élu en juin 2021, chargé de la délégation Patrimoine Environnemental, Biodiversité, Agriculture Urbaine et Bien-être animal, n'avez-vous pas instauré un dialogue avec l'association pour trouver des solutions ?


L'association des Rémiges Noires qui occupe une salle en rez-de-chaussée du Fort, la totalité des anciens locaux de la police municipale et une salle au 1er étage du Fort doit-elle également quitter les locaux du Fort pour les travaux qui y sont prévus ?


Enfin, où en est le projet de maison de l'animal prévu sur le site de l'ancienne école Corot annoncé dans votre programme des élections municipales et de façon plus générale comment va être utilisée la totalité de ce terrain laissé vacant depuis l'ouverture de l'école Germaine Tillion ?


La réponse du Maire Jean-Pierre Barnaud


Suite à différents signalements de la présidente de l'APAC en mai 2021 relatifs à la sécurité des lieux (nombreux orages de printemps ayant occasionné des infiltrations d'eau et une humidité importante) il a été demandé à l'APAC de libérer les salles 2, 3 et 10, et il lui a été proposé en remplacement les salles 8 et 9. La Commune a ainsi accepté une proposition formulée par l'association APAC qui avait demandé expressément un changement de salle dans un email de mai 2021. Ce déménagement devait être effectué pour le 8 août 2021 au plus tard, mais la présidente de l’APAC a refusé de déménager. Pourtant, c'est bien l'association qui a alerté vigoureusement et à plusieurs reprises la Commune sur les risques d'insécurité tant pour les bénévoles de l'association que pour les animaux.


Les services techniques sont régulièrement intervenus pour vider les poches d'eau qui s'étaient créées entre les voûtes et les bâches qui recouvrent les salles. Toutefois, ces premières interventions ne suffisent pas à garantir la sécurité des occupants des locaux. Les travaux nécessaires à une occupation sécurisée des locaux sont des travaux de réhabilitation de grande ampleur qui s'inscrivent dans un programme de travaux général concernant le Fort. Désormais la Ville n'est plus en mesure de proposer des locaux adaptés. Au vu des nombreux courriers échangés, le dialogue était instauré entre la Ville et l'APAC mais cette dernière a saisi son avocat.


S'agissant de l'association des Rémiges noires, les locaux qu'elle occupe seront utilisés par les ouvriers du chantier comme lieu de vie pendant la durée des travaux. Une réflexion est aussi entamée pour repositionner cette association.


Enfin, concernant votre question relative au projet de la maison de l'animal, nous avons engagé depuis plusieurs années une politique durable et respectueuse de la condition animale et de l'environnement.


Fort du constat que les animaux familiers et sauvages partagent notre quotidien et influent sur le biotope, la Municipalité s'attache à faciliter et accompagner la présence des animaux en Ville, ainsi qu'à préserver la biodiversité de son territoire.

Aujourd'hui plus que jamais, avec mon mandat de Vice-Président j'ai comme mission de veiller au respect du bien-être animal et de sensibiliser le grand public sur la cause animale. Ainsi, nous travaillons actuellement à élaborer le programme de cette Maison de l'animal et étudions les sites qui pourraient recevoir cet équipement. Cette maison de l'animal réunira au sein d'une même structure les associations et partenaires de la cause animale.


Nos remarques sur la réponse du maire au sujet de l’avenir de l’APAC


L’APAC semble vivre ses derniers jours à Chennevières, c’est donc une association de plus en lien avec les animaux qui va quitter la ville, faute de volonté de la municipalité. Malgré tout, Jean-Pierre Barnaud se plaît dans sa réponse à se vanter d’avoir engagé depuis plusieurs années une politique durable et respectueuse de la condition animale à Chennevières. Mais concrètement aujourd’hui, que peut-on constater ?


  • En 2018, un centre d’accueil et de soins de juvéniles a été installé au Fort, en partenariat avec l’association Faune Alfort, sur la commune de Chennevières. Ce centre faisait partie des 3 prévus pour permettre au Centre d’accueil de la faune sauvage de l’école vétérinaire de Maison-Alfort de se développer. En 2020, faute de soutien et de discussions pour pérenniser l’activité, le centre a dû quitter la ville pour aller s’installer ailleurs,

  • En 2018 également, un service de la condition animale est créé à Chennevières, voté en conseil municipal, on peut encore lire sur le site de la mairie : “Que faire face à un animal abandonné ? Qui contacter pour signaler les situations de maltraitance, de nuisance ou encore de dangerosité ? Ce nouveau service pourra répondre à toutes vos questions”. Or voilà, ce service n’existe simplement plus depuis plusieurs mois, la personne en charge ayant pris sa retraite et n’ayant jamais été remplacée. C’est d’ailleurs toujours son numéro de téléphone qui apparaît sur le site de la ville.

  • Depuis 2009 à Chennevières existe l’Asinerie Franciliane, la première ferme biologique du Val-de-Marne certifiée en 2010. Toute son activité tourne autour des ânes et ânesses et de leur bien-être. Après toute l'énergie déployée et tous les appels aux soutiens pour essayer de sécuriser et développer son activité, l’asinerie n’a jamais reçu une quelconque aide de la mairie. Elle réfléchit aujourd’hui à s’installer dans une ville voisine,

  • La maison de l’animal est un vieux projet, à l’origine prévu à la plaine des Bordes, le maire l’a ressorti du tiroir pour les élections de 2020 en l’annonçant sur le terrain de l’école Corot pour rassurer les riverains. Aujourd’hui les élections sont passées et bizarrement le discours a bien changé : le maire doit étudier les terrains susceptibles de recevoir cet équipement sans être sûr que cela puisse se faire sur la commune… Il était bien plus sûr de lui à la veille des élections, maintenant il semble plus intéressant de céder ce terrain à des promoteurs immobiliers.

  • Les ateliers de sensibilisation aux animaux dans les écoles mis en place par la conseillère déléguée au bien être animal de 2018 lorsqu’elle était chargée de la condition animale sur la ville ont eux aussi disparu du paysage canavérois.

  • Aujourd’hui les dernières structures, oeuvrant pour le bien être animal ou l’agriculture urbaine, qui ont le droit de rester dans le Fort de Champigny, bénéficiant de surcroît de subventions pour l’une, sont “Les rémiges noires” et “Bee Happy” dont, fait du hasard, les présidents ne sont autres que des colistiers de Jean-Pierre Barnaud lors des municipales de 2020…


Nous nous interrogeons donc vraiment sur la sincérité de la démarche en faveur des animaux, nous ne voyons ici que manœuvre politique et clientélisme. Peut-être que ce type d’article permettra au maire de revoir sa copie en profondeur, en tout cas aujourd’hui elle est loin de mériter la moyenne.